Les Autonomes reçus par Mme la Ministre Gourault, un dialogue social pressé

MINISTERE DE L'INTERIEUR

 

Mme Gourault, Ministre auprès du Ministre de l’Intérieur, a reçu hier une délégation autonome composée de notre Président André GORETTI, notre Président délégué Xavier BOY et nos vice-présidents Jacky CARIOU et Sébastien JANSEM. Une nouvelle interlocutrice dans le dialogue social mais qui visiblement ne disposerait pas plus de temps que le Ministre de l’Intérieur auquel elle est attachée !

 

* Nous sommes tout d’abord revenus sur un fléau grandissant qui aujourd’hui frappe les sapeurs-pompiers. 2280… c’est le nombre annoncé par l’Observatoire de la Délinquance dans son récent rapport sur les agressions, les guet-apens et violences organisées envers les pompiers. Mais nous savons tous que cette augmentation de plus de 17% masque une réalité bien plus grave.

Nous sommes devenus malheureusement les cibles faciles en uniforme, représentant l’Etat à travers le service public de secours.

Nous avons demandé à ce que les autorités prennent la mesure de ces chiffres pour ne pas les laisser grossir un peu plus chaque année. Nous réclamons la sécurisation systématique de nos équipages lorsque ceux-ci doivent intervenir dans des conditions de mise en danger portant atteinte à leur intégrité physique.

 

Le gouvernement doit nous donner les moyens d’exercer nos missions en toute quiétude ! Nous sommes de plus en plus exposés dans notre métier et nous devons faire face à de nouveaux risques. Ainsi, nous avons dû lourdement nous équiper suite au risque attentat sans suivre la moindre formation…

 

L’objet de cette réunion n’est pas de refuser cette évolution du métier mais il doit passer par une évolution aussi de notre manière de l’exercer. Il en va de notre santé et de notre sécurité ! Une première étape dans cette reconnaissance serait l’attribution de la NBI quartiers prioritaires de la politique de la ville… Mais elle ne compenserait pas pour autant les risques encourus et pour lesquels le sapeur-pompier n’a pas été préparé…

* Au rang des violences, nous avons rappelé également notre engagement contre les pratiques managériales autoritaristes organisées par certains DDSIS sous couvert de leurs PCASDIS dont sont victimes les personnels…

 

* Autre fléau… le risque cancer avéré lié aux particules issues des fumées d’incendie, les SDIS doivent mettre en place immédiatement des protocoles de décontamination, des procédures adaptées et sensibiliser l‘ensemble de ces agents intervenants à ces risques. La polyvalence dans les missions du sapeur-pompier français augmente les risques de contamination par rapport à leurs homologues étrangers.

Nous avons connaissance de la position de la DGSCGC qui se cache derrière une note. L’Etat protégé par son statut d’irresponsabilité pénale a tout loisir de botter en touche mais en cas de scandale sanitaire, c’est bien de la responsabilité pénale des SDIS qu’il s’agira ! Nous ne ferons aucune concession sur ce dossier, il n’y aura pas de nouveaux scandales de sang contaminé ou d’amiante, construits sur le dos des sapeurs-pompiers !

 

* Depuis de trop nombreuses années, nos élus sont contraints par une réduction de la dotation globale de fonctionnement alors que l’Etat leur demande d’assumer toujours plus de missions. L’Etat ne parvient plus à assumer une mission régalienne et demande aux sapeurs-pompiers de l’assurer à sa place mais sans leur en donner les moyens ! Nous sommes devenus le dernier rempart à la détresse humaine !

La sursollicitation opérationnelle liée aux carences ambulancière et médicale orchestrée par les SAMU induit des dépenses pour les SDIS qui ne sont pas compensées à la hauteur de leur coût réel tant en moyen humain que matériel (119€ remboursés/carence).

 

Sans compter que lorsque nos collègues sont mobilisés sur des interventions par carence, ce sont autant de moyens dont les SDIS sont dépourvus en cas de missions majeures comme le secours à personne en détresse vitale ou un départ feu. Des conséquences aussi sur les temps dédiés au maintien de nos compétences !

Les sapeurs-pompiers ne sont pas à la botte des médecins du SAMU. Nous ne sommes pas sous leur commandement, ni dans les échanges verbaux ni dans les faits. Ce mode de fonctionnement sous tutelle médicale ne peut perdurer.

 

Nous avons demandé à ce que des dispositions soient prises ! Peut-être que celles-ci permettront aussi de réguler en parallèle les agressions verbales dont sont victimes nos collègues provenant de requérant excédés de l’absence de réponse médicale et à qui leur est finalement proposé un transport vers l’hôpital !

 

La Ministre nous a interrogé quant à nos pistes de réflexion pour endiguer ce fléau lié à la sursollicitation. Une des pistes que nous avons proposée et qui pourrait être menée dans les plus brefs délais porterait sur la mise en place d’une campagne nationale de communication institutionnelle.

Elle permettrait de sensibiliser les citoyens aux effets néfastes du recours abusif des services de secours d’urgence et de rappeler la vocation première des sapeurs-pompiers.

 

* Nous avons également interrogé la Ministre afin de lui demander où se situait la considération et la reconnaissance du gouvernement et de nos employeurs dans l’exercice du métier de sapeur-pompier face à ces contraintes nouvelles ? Certainement pas dans la réforme destructrice, déstructurante de la filière SPP qui nous a été imposée en 2012. Vous ne pouvez l’ignorer. Ce qui nous est proposé comme « rediscussion » des mesures transitoires de la réforme de la filière par vos services est scandaleux et irrespectueux et ne répond qu’aux préoccupations financières des SDIS …

Les sapeurs-pompiers que nous représentons sont excédés, la plupart n’avait pas fait le choix de se retrouver dans ces situations en incorporant notre métier… Les pompiers ne s’y retrouvent plus…

 

Le Ministre engage une nouvelle fois une mission volontariat laissant le goût amer aux sapeurs-pompiers professionnels du peu d’intérêt porté sur leur engagement… Nous demandons une mission de réflexion sur le service public de secours ?!

 

* Sur le dossier santé et sécurité au travail, nous sommes revenus sur les études médicales pour exiger la mise en place d’un régime de travail planifié en gardes de 12 h maximum pour tous les SPP qui le souhaitent.

 

* Enfin, nous sommes revenus une fois de plus sur l’impasse statutaire dans laquelle se retrouvent nos collègues PATS employés dans les salles opérationnelles par certains SDIS de France. Certains établissements ont fait le choix de la reconnaissance de leur implication professionnelle depuis des années leur permettant de bénéficier d’un détachement intégration dans la filière SP. D’autres SDIS se cachent derrière la DGSCGC pour ne pas l’autoriser !

 

Nous avons rappelé à Madame La Ministre que nous devions faire face à une véritable révolution sociétale qu’il nous faudra mener ensemble. Aujourd’hui, malheureusement nous n’y sommes pas préparés et rien ne nous permet d’y croire…

Pour télécharger le communiqué cliquez ici

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Publié dans A la une, SPP
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